Les coups de coeur culture #6

Chaque lundi, l’Orient Expressif vous fait découvrir ses coups de coeur livre, film et musique… Quoi de mieux pour bien commencer sa semaine ?

Livre – Les vies de papier de Rabih Alameddine [Liban]

L’Orient Expressif vous revient cette fois avec un livre sur les livres. Les vies de papier raconte la l’histoire émouvante d’Aaliya: une beyrouthine à la retraite, autodidacte, appréciant la solitude et amoureuse des livres. Après avoir longtemps travaillé dans une librairie, elle ne vie aujourd’hui que pour ses livres et le plaisir de les traduire. Libre et indépendante, elle a fait de la littérature sa seule famille et sa seule religion.

Ce roman, écrit à la première personne, est une agréable promenade dans les pensées d’Aaliya. Rebelle dans l’âme et très téméraire, elle analyse avec lucidité la société libanaise ainsi que la condition de ses femmes.

Rabih Alameddine signe un brillant hommage à la littérature et à la ville de Beyrouth, ville blessée mais toujours fière.

Autre roman de Rabih Alameddine: Hakawati (2009)
 
 (Disponible sur Amazon: Les vies de papier)

Film – L’insulte (قضية رقم ٢٣) drame de Ziad Doueiri [Liban]

Quatrième long-métrage du réalisateur libanais Ziad Doueiri, L’insulte fait partie des neuf films pré-sélectionnés pour l’Oscar du meilleur film en langue étrangère 2018.

L’insulte, c’est l’histoire d’une querelle de rue entre Tony, nationaliste chrétien, et Yasser, réfugié palestinien. La bagarre dégénère et fini devant les tribunaux, l’affaire numéro 23. L’incident devient une affaire nationale qui va diviser la société libanaise et raviver d’anciennes blessures toujours béantes de la guerre civile libanaise (1975-1990).

Une première dans le cinéma libanais: un film de procès. Mais surtout un film qui parle de guerre et de mémoire, grand tabou au Liban. Dans un pays où aucun travail de mémoire ou de réconciliation nationale n’a été fait jusque là, un film comme L’Insulte est là pour nous rappeler que les ombres de la guerre sont toujours là. Nous sommes peut être en 2017 mais un fait divers arrive à enflammer la société libanaise, comme si la guerre ne s’était jamais arrêtée.

Autre de Ziad Doueiri: West Beirut (1998), Lila dit ça (2004) et L’attentat (2012)

Musique – Roman par Mashrou’ Leila  [Liban]

Nouveau titre de Mashrou’ Leila.

En faisant référence à l’ancien contrôle romain de la région (« Roman » désigne les Byzantins ou les non-musulmans), Mashrou’ Leila parle en fait de la domination masculine qui régit nos sociétés.  Dans le clip, la réalisatrice Jessy Mousallem représente les femmes arabes comme l’occident les perçoit: traditionnelles, silencieuses et passives. La danse est ainsi utilisée pour mieux déconstruire cette façon de voir la femme. La femme se révolte, résiste et va de l’avant. Elle se réapproprit son identité dans la douleur de la violence et dans sa recherche de liberté.

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